Gérer une SCI à l'IR au quotidien

Louer nu en SCI à l'IR : Les réflexes qui protègent vos revenus locatifs

Louer un logement nu par l'intermédiaire d'une SCI ne demande pas de compétence particulière la plupart du temps. Mais six gestes reviennent chaque année, et chacun d'eux, oublié, coûte de l'argent qui ne se rattrape pas.

Ce ne sont pas des sujets complexes : indexer le loyer, réclamer une attestation d'assurance, refacturer la bonne ligne de taxe. Ce sont des sujets qu'on oublie, et le droit du bail est ainsi fait que l'oubli se paie comptant, sans rattrapage possible.

Cette page les réunit, avec la règle, l'erreur qu'on rencontre le plus souvent, et le texte sur lequel s'appuyer. Elle s'adresse aux gérants et associés de SCI à l'impôt sur le revenu, chez qui l'oubli se paie deux fois : sur les loyers encaissés, et sur la valeur des parts.

Informations à jour au 1er septembre 2026

Le calendrier du gérant de SCI

Sept échéances qui rythment l'année d'une SCI à l'IR, et ce qu'elles coûtent quand elles passent inaperçues.

Ce qu'il faut faireQuandCe qui est perdu sinon
Récupérer l'attestation d'assurance habitation du locataireÀ la remise des clésUn sinistre survenu dans un logement non assuré
Réviser le loyer sur le dernier IRL publiéChaque année, à la date prévue au bailUn an de retard, et la hausse est perdue
Redemander l'attestation d'assuranceChaque année, à date anniversaireLa preuve que le logement est couvert
Régulariser les charges (sur justificatifs réels)Une fois par anLe droit de réclamer le complément
Refacturer la seule ligne TEOMÀ réception de l'avis de taxe foncièreLa taxe d'ordures ménagères reste à votre charge
Délivrer la quittance de loyerÀ chaque paiement intégral, sur demandeUne obligation légale non tenue
Inscrire l'avance au compte courant d'associéÀ chaque euro que vous avancez à la SCILa créance disparaît, vos parts sont surévaluées

Les six réflexes

01

Indexer le loyer chaque année

La révision n'est possible que si le bail la prévoit, et le bailleur ne dispose que d'un an à compter de la date convenue pour la demander. Passé ce délai, l'augmentation de l'année est perdue.

La révision s'appuie sur l'indice de référence des loyers (IRL) publié par l'INSEE, au trimestre indiqué dans le bail. Elle n'est jamais automatique : c'est au bailleur de la demander. Et elle ne vaut que pour l'avenir. Si la date anniversaire tombe le 1er janvier et que vous la demandez en mars, le nouveau loyer s'applique à partir de mars : janvier et février restent au tarif précédent, définitivement.

L'effet est cumulatif, et c'est ce qui le rend coûteux : un loyer non indexé pendant cinq ans ne se rattrape pas d'un coup. Il repart de sa valeur d'origine, et l'écart est définitivement acquis au locataire, année après année, jusqu'à la fin du bail.

Les erreurs courantes

Vous ne révisez pas votre loyer ! Votre bail vous y autorise, mais vous avez peur de perdre votre locataire ! C'est compréhensible. Cependant, en zone tendue, le jour où votre locataire part, le loyer du suivant ne peut pas dépasser le sien. Tout au plus peut-il être revalorisé d'une seule année d'IRL, si vous n'aviez pas révisé dans les douze derniers mois. Votre loyer non indexé devient donc le plafond du bail suivant, et l'écart avec le marché ne se rattrape jamais.

Oublier la date de révision, puis appliquer plusieurs années d'indexation d'un seul coup. Le locataire est fondé à refuser : seule la variation des douze derniers mois peut être appliquée, et seulement pour l'avenir. Les indexations oubliées sont définitivement perdues.

Texte de référence : Article 17-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 · encadrement de l'évolution des loyers en zone tendue : décret du 20 juillet 2026, applicable jusqu'au 31 juillet 2027
Ne plus jamais oublier une indexation
InDexLoyer arrive. Soyez prévenu le jour de sa mise en ligne.
Rejoindre la liste d'attente
02

Réclamer l'attestation d'assurance du locataire

Le locataire doit être assuré contre les risques locatifs et remettre son attestation à la remise des clés, puis chaque année à la demande du bailleur.

La demande annuelle n'est pas automatique : si le bailleur ne la formule pas, il n'obtient rien, et découvre l'absence de couverture au pire moment.

En cas de défaut, le bailleur adresse une mise en demeure. Deux voies s'ouvrent alors, et le choix est définitif : faire jouer la clause résolutoire du bail, ou souscrire une assurance pour le compte du locataire. Dans ce second cas, la prime se récupère par douzièmes à chaque paiement du loyer, et peut être majorée de 10 % au maximum. Le montant doit figurer sur l'avis d'échéance et sur la quittance.

L'erreur couranteSe contenter de l'attestation remise à l'entrée dans les lieux. Un bail de six ans sans relance annuelle, c'est cinq années pendant lesquelles personne n'a vérifié que le logement était couvert.
Texte de référence : Article 7, g) de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 · décret n° 2016-383 du 30 mars 2016, qui fixe à 10 % le montant maximal de la majoration de la prime d'assurance pour compte du locataire
Ne plus courir après les attestations d'assurance
InDexLoyer finalise son développement. Il relancera votre locataire à la date anniversaire de son entrée dans les lieux.
Rejoindre la liste d'attente
03

Refacturer la TEOM, jamais la taxe foncière

La taxe d'enlèvement des ordures ménagères figure sur la liste des charges récupérables. La taxe foncière, elle, reste intégralement à la charge du propriétaire.

La TEOM apparaît sur votre avis de taxe foncière, sur une ligne distincte. C'est cette ligne, et elle seule, qui se refacture, sur justificatif, lors de la régularisation annuelle des charges.

Une subtilité échappe à presque tout le monde : les frais de gestion que l'administration ajoute à la TEOM, de l'ordre de 8 %, ne sont pas récupérables. Refacturer le total de la ligne revient donc à réclamer au locataire un montant qu'il peut contester.

La marche à suivre tient en trois gestes :

  1. Ouvrez votre avis de taxe foncière depuis votre espace sur impots.gouv.fr, et repérez au verso la colonne « Taxe ordures ménagères ». Quatre lignes en dessous figurent le montant de la cotisation de l'année précédente et celui de l'année en cours.
  2. Adressez un courriel à votre locataire pour lui réclamer ce montant.
  3. Joignez-y votre avis de taxe foncière : c'est lui qui fait office de justificatif.

C'est simple, et c'est autant de rentabilité conservée.

Les erreurs courantes

Ne rien refacturer du tout. C'est de loin le cas le plus fréquent : la taxe est payée, la ligne est là, et personne ne la réclame. Chaque année qui passe est une somme laissée au locataire sans raison.

Retenez le bon montant : la cotisation TEOM seule, frais de gestion déduits. C'est celui-là, et lui seul, que votre locataire vous doit. La taxe foncière, elle, reste intégralement à votre charge.

Ne plus oublier de refacturer la TEOM
InDexLoyer sera bientôt en ligne et adressera la demande à votre locataire, justificatif joint. Vous n'aurez qu'à indiquer le montant relevé sur votre avis.
Rejoindre la liste d'attente
04

Régulariser les charges chaque année

Dans un bail nu, les charges se règlent par provisions mensuelles suivies d'une régularisation annuelle sur dépenses réelles. Le forfait n'est pas admis.

Un mois au moins avant la régularisation, le bailleur communique au locataire le décompte par nature de charges. Les pièces justificatives doivent ensuite être tenues à sa disposition, sur place, pendant six mois à compter de l'envoi de ce décompte.

En copropriété, l'exercice est bien plus simple qu'il n'y paraît : le syndic vous remet déjà l'essentiel.

  1. Le syndic réunit l'assemblée générale une fois par an pour rendre compte de sa gestion. À cette occasion, un relevé de charges vous est remis pour chacun de vos lots.
  2. Ce relevé porte sur douze mois. Il indique le total des charges du lot, et précise la part revenant au locataire.
  3. Additionnez les provisions versées par votre locataire sur la même période, puis déduisez-en cette part réelle.

La différence fait le solde : positive, elle vous est due ; négative, elle lui est remboursée.

Régularisez dans les trois ans. Au-delà, l'arriéré de charges est prescrit, et définitivement perdu. Régulariser huit exercices d'un seul coup ne rapporte donc que les trois derniers.

Régularisez aussi dans l'année qui suit. Passé le terme de l'année civile suivante, le locataire peut demander à régler le solde par douzièmes. La créance demeure, mais le calendrier d'encaissement n'appartient plus au bailleur.

Les erreurs courantes

Appeler la même provision pendant huit ans sans jamais régulariser, puis réclamer l'écart d'un coup. Le locataire est en droit d'exiger le détail et les justificatifs de chaque exercice.

Régulariser, mais laisser la provision inchangée. C'est le cas le plus répandu. Les charges de copropriété augmentent chaque année ; si l'appel mensuel ne suit pas, vous avancez l'écart pendant douze mois avant de le réclamer. Votre trésorerie porte la dépense à la place du locataire, et votre rentabilité s'érode d'autant. Le geste qui manque tient en une ligne : dès la régularisation faite, réajustez la provision sur les charges réelles du dernier exercice.

Texte de référence : Article 23 de la loi du 6 juillet 1989 (régularisation et paiement par douzièmes) · Article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 (prescription de trois ans)
↳

Ne remettez pas ce geste à plus tard. À réception du relevé du syndic, vous avez sous les yeux tout ce qu'il faut : une soustraction, un décompte envoyé au locataire, et l'exercice est clos. Répété chaque année, il ne vous prend que quelques minutes.

05

Délivrer la quittance de loyer

Le bailleur est tenu de transmettre gratuitement une quittance au locataire qui en fait la demande, dès lors que le loyer et les charges ont été intégralement réglés.

La quittance ne se facture pas, et sa transmission par voie électronique est possible avec l'accord du locataire. Si le paiement n'est que partiel, ce n'est pas une quittance mais un reçu qui doit être délivré, pour la somme effectivement versée.

Au-delà de l'obligation, la quittance est la trace qui permet, des années plus tard, de reconstituer ce qui a réellement été encaissé, ce qui devient précieux dès qu'une SCI change de gérant ou de banque.

L'erreur couranteRefuser la quittance ou la facturer. C'est une obligation légale, et son coût de délivrance ne peut être mis à la charge du locataire.
↳

iN-SCi est un SaaS dédié à la gestion des SCI à l'IR, fiscale, comptable et juridique. Son développement porte aujourd'hui sur l'émission à la demande des quittances de loyer : découvrir iN-SCi

06

Tracer chaque euro que vous avancez à la SCI

Lorsque le bailleur est une SCI, tout ce qu'un associé règle de sa poche (travaux, échéance d'emprunt, taxe foncière, assurance) est une créance sur la société. Elle doit être inscrite en compte courant d'associé.

C'est le point où la gestion locative rejoint la vie de la société. Les cinq réflexes qui précèdent portent sur la relation avec le locataire ; celui-ci porte sur votre relation avec votre propre SCI.

Rien n'oblige une SCI à l'impôt sur le revenu à tenir une comptabilité commerciale. L'absence de trace ne dessert que vous, l'administration fiscale, elle, ne s'en plaindra pas. C'est précisément pour cette raison que ces avances disparaissent : elles sont réelles, elles sont juridiquement dues, mais elles ne sont écrites nulle part. Et ce sont elles qui diminuent la valeur des parts, ce qui est une bonne chose, car cela réduit d'autant l'impact fiscal le jour où il faut les évaluer. C'est précisément ce que recherche tout investisseur. Encore faut-il pouvoir le prouver.

L'erreur courantePayer les travaux depuis son compte personnel « pour aller plus vite », sans jamais l'inscrire. Vingt ans plus tard, au moment d'une succession, la créance est perdue faute de trace.
↳

ML Conseils retrace l'historique des comptes courants d'associés lorsque le suivi n'a pas été tenu : découvrir la mission

↳

iN-SCi permet ensuite de poursuivre ce suivi et de conserver le formalisme attendu : découvrir iN-SCi

Ce qu'on me demande le plus souvent

Peut-on rattraper plusieurs années d'indexation de loyer oubliées ?

Non. Le bailleur ne dispose que d'un an à compter de la date de révision prévue au bail pour la demander. Au-delà, l'augmentation de l'année concernée est définitivement perdue, et la révision ne joue que pour l'avenir.

La taxe foncière est-elle récupérable sur le locataire ?

Non. Seule la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, qui figure sur une ligne distincte de l'avis de taxe foncière, est récupérable. Les frais de gestion ajoutés à cette taxe ne le sont pas non plus.

Que faire si le locataire ne fournit pas son attestation d'assurance ?

Le bailleur adresse une mise en demeure. Il choisit ensuite, définitivement, entre faire jouer la clause résolutoire du bail et souscrire une assurance pour le compte du locataire, dont la prime se récupère par douzièmes avec une majoration plafonnée à 10 %.

Peut-on demander un forfait de charges dans un bail nu ?

Non. Le bail nu classique fonctionne par provisions mensuelles suivies d'une régularisation annuelle sur dépenses réelles. Le forfait est réservé à certaines situations, comme la colocation ou la location meublée.

La quittance de loyer peut-elle être facturée au locataire ?

Non. Elle est transmise gratuitement au locataire qui en fait la demande, dès lors que le loyer et les charges ont été intégralement payés. En cas de paiement partiel, le bailleur délivre un reçu.

Trois pages, trois usages

Chacune se lit seule. Celles que vous n'avez pas encore ouvertes sont ici.

Des avances jamais tracées dans votre SCI ?

Des travaux, des échéances ou des taxes ont été réglés de votre poche sans jamais être inscrits ?
Décrivez-moi la situation : je vous réponds avec une première évaluation et un devis sans engagement.